Archives par mot-clé : Google

Qu’est-il arrivé à la Maison du Logiciel Libre de l’ÉTS Montréal ?

Annoncée en grande pompe en 2015, la Maison du Logiciel Libre (ML2) promettait un avenir intéressant:

Ainsi, « les projets développés dans la Maison du logiciel par des étudiants qui réalisent leur projet de fin d’études, leur stage obligatoire ou leur mémoire de maîtrise augmenteront leur capacité d’embauche, car ils seront exécutés dans un code source ouvert, donc accessible », précise l’ÉTS, par opposition aux stages en programmation sur des projets propriétaires qui ne peuvent pas être examinés ensuite pas des employeurs potentiels.
Direction Informatique, 2015-03-12

Outil de promotion et recrutement pour ses partenaires, OK, on connais ce genre de « deal ». Mais c’est déjà fini?

Shibl Mourad, directeur de Google Montréal, affirme que «Google veut simplifier l’entrée aux étudiants dans le monde du logiciel libre». Il ne cache pas non plus le fait qu’un tel projet aide à mieux cibler des candidats potentiels qui pourraient rallier les rangs de son équipe, puisque les programmeurs qui ont de l’expérience avec le logiciel libre sont généralement mieux formés et deviennent autonomes plus rapidement au sein d’une équipe comme la sienne.
Canoë, 2015-12-02

Peut-être qu’on pourra en faire une vraie, bientôt.

Mieux vaut tard que jamais.

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Remplacer ChromeOS par GNU/Linux sur un Chromebook (backdoor incluse)

Hier soir à la rencontre du Club Linux Atomic j’ai expliqué comment on installait n’importe quelle distribution GNU/Linux sur des Chromebook. Je possède les modèles C710 et C720 que j’ai pu montrer aux participants.

J’ai montré le bureau Gnome3 sur Trisquel sur les deux ordinateurs, l’affichage externe, les composantes internes (on a examiné l’intérieur des deux machines) et j’ai expliqué l’option « JELSKA » au démarrage, le fruit du travail impressionant de John Lewis sur sa version de Coreboot.
Coreboot project
J’ai aussi pu expliquer que ces ordinateurs ont une version de Coreboot qui inclût du code pour utiliser le Intel Management Engine (qui fait partie de tous les chipsets récents d’Intel). Ce contrôleur peut fonctionner même si on éteint l’ordinateur. Dans les faits c’est un « backdoor » permanent, regardez bien la vidéo! Coreboot sur les Chromebook peut fonctionner sans ce code mais l’ordinateur s’éteindra après une demi-heure (!).

Je vous laisse en tirer les conclusions d’usage!

 

UbuntuForums.org « en maintenance » suite à une brèche de sécurité

Si vous aviez un compte sur UbuntuForums.org, cette annonce vous concerne:

(traduit de Ubuntu Forums is down for maintenance)

Ubuntu Forums est en maintenance

Il y a eu une violation de la sécurité sur les forums Ubuntu. L’équipe de services informatiques de Canonical travaille fort en ce moment pour rétablir un fonctionnement normal. Cette page sera mise à jour régulièrement des rapports d’étape.
Ce que nous savons:

  • Malheureusement, les attaquants ont obtenu l’identifiant de chaque utilisateur local, mot de passe et adresse email à partir de la base de données des forums Ubuntu.
  • Les mots de passe ne sont pas stockés en texte clair. Toutefois, si vous utilisiez le même mot de passe que sur Ubuntu Forums sur d’autres services (tels que le courriel), vous êtes fortement encouragé à changer le mot de passe sur l’autre service au plus vite.
  • Ubuntu One, Launchpad et d’autres services Ubuntu / Canonical ne sont pas affectées.

Rapport d’activité

  • 20/07/2013 2011UTC: Rapports de dégradation
  • 20/07/2013 2015UTC: Site mis hors-ligne, cette page d’accueil mise en place alors que l’enquête se poursuit.

Quelques pistes pour minimiser les risques à l’avenir:

* Si vous en faites la suggestion à un éditeur de site web, faites-le gentiment 🙂

 

OpenStreetMap pour la cartographie libre de votre site web

J’ai récemment conçu et mis en ligne un site web d’informations pour La foulée des parcs, un événement sportif de course à pied qui aura lieu à Outremont (Montréal) cet été.

On m’avait suggéré d’utiliser Google Maps et le matériel qu’on m’avait donné consistait en quelques captures d’écran de parcours générés via MapMyRun.com. J’ai décidé de tenter de remplacer cette approche par l’utilisation de données et cartes d’OpenStreetMap:

OpenStreetMap est un projet qui a pour but de constituer une base de données cartographiques libre du monde (permettant par exemple de créer des cartes sous licence libre), en utilisant le système GPS et d’autres données libres. Il a été initié en juillet 2004 par Steve Coast au University College de Londres. Par l’utilisation de moyens informatiques basés sur Internet qui permettent l’intervention et la collaboration de tout utilisateur volontaire, OpenStreetMap relève de la géomatique 2.0 et est aussi une contribution à ce qui est appelé la néogéographie, dont les outils composent le GeoWeb.

Ce choix était d’autant plus logique étant donné que j’ai moi même tracé et corrigé beaucoup d’informations parmi mes contributions à OpenStreetMap, spécifiquement dans l’arrondissement d’Outremont (incluant beaucoup de ruelles!). Le but de l’exercice était de constater en tant que conseiller en TI libres (logiciels, données, contenus, etc.) s’il était possible de faire ce choix tout en donnant autant de fonctionnalité et de qualité sur l’aspect précis des cartes que si on utilisait Google Maps. L’exercice n’est pas terminé, l’événément ayant lieu le 16 juin d’ici là il y aura certainement des ajustements, mais les premiers commentaires des visiteurs et organisateurs de l’événement sont très positifs! C’est encourageant.

Je voulais aussi saisir l’opportunité d’améliorer encore plus les données des parcs de mon arrondissement. C’est mon devoir de citoyen (pas seulement numérique!), après tout. J’espère intéresser d’autres citoyens à contribuer à OpenStreetMap, quoique le seul fait de repasser sur mes contributions m’a déjà permis d’en corriger et augmenter quelques unes. À long terme, il me semble plus durable d’investir temps et énergie à l’amélioration du bien commun que constitue OpenStreetMap – mais surtout avoir un exemple bien local de ressource web qui utilise ces données.

Étant donné les contraintes de temps (quelques heures pour faire tout le site) et comme je devais refaire au complet les cartes, captures et données dérivées, j’ai utilisé une combinaison de fichier PDF avec les captures d’écrans et codes QR, archives .zip (pour rendre disponibles les traces en format de données ouvertes GPX et KML). Le fichier PDF inclût tous les parcours avec des liens par code QR vers les cartes statique ou interactive de chaque parcours. C’est utile pour consulter en impression ou si on a un appareil mobile (téléphone, tablette), quelqu’un qui a le PDF imprimé peut quand même partager cette information sans accéder à une imprimante.

Créer le document maître pour les cartes et générer le document PDF est une autre tâche simplifié par l’utilisation de LibreOffice. J’ai failli oublier ce logiciel dans les crédits tellement je suis habitué à l’utiliser.

Cartes-LaFouleedesParcs2013.pdf_006

J’ai aussi utilisé des liens directs vers le site Show Your Journey – http://syj.renevier.net/ (SYJ). Comme le site SYJ avait déjà une interface français/anglais (et japonais!), j’ai pu faire ce choix facilement. Voici un exemple de trace de parcours de la course. Pour une prochaine itération du même site ou autre semblable, l’idéal serait d’intégrer directement le code  de SYJ (libre, soit dit en passant).

Le résultat est ici:
http://lafouleedesparcs.com/courses/

Voici quelques captures d’écran:

Exemple d'intégration de lien vers Share Your Journey
Un lien banal vers la carte interactive – moins attrayant visuellement mais plus respectueux des ressources externes.
Exemple d'intégration de liens PDF, GPX, KML et cartes interactives
La section « Courses » du site inclût un maximum de variété de données pour donner le choix d’utilisation aux coureurs avant, pendant et après la course.

L’absence de cartes embarquées à même le site n’est pas un hasard, je ne voulais pas abuser des ressources du site SYJ – mais elle serait possible et certainement plus intéressante visuellement.

Un autre aspect important de la conception de ce site était de documenter les outils employés et leurs licences pour arriver aux résultats qu’on voit. Tout comme le code source et les licences de la plupart des outils employés étaient libres, je voulais m’assurer qu’un autre informaticien pourrait rapidement reproduire, étudier, modifier et partager mon travail. Le résultat est la section Crédits, une partie que je vois rarement détaillée dans la plupart de sites web conçus à l’aide d’outils, contenus et logiciels libres.

Après tout, le défi ici ne consiste pas à concevoir ce genre de sites mais bien à ne pas dupliquer les efforts d’autres, à être plus efficaces, tout en contribuant à des projets, données et  logiciels libres – sans oublier de citer nos sources. En tant que consultant en TI libres, je ne me sens pas menacé par le partage de ces informations, bien au contraire. D’une part mes clients sont rassurés car quelqu’un d’autre pourra comprendre et reprendre mon travail rapidement – et ça garde la pression sur moi pour être plus méticuleux, mieux planifier, mieux évaluer, faire moins d’erreurs. D’autre part la ligne est claire entre mon travail et celui des intégrateurs, graphistes, designers, rédacteurs, et autres: on peut collaborer, et je peux guider ou partager le travail de différentes manières, tout en tenant compte des valeurs communes aux libertés accordées par les ressources employées. Le plus difficile est souvent de briser les mauvaises habitudes et le manque d’information qui mènent à la dépendance de « solutions » informatiques non-libres.

Si le projet OpenStreetMap vous intéresse et que vous voulez y contribuer au Québec, voici quelques liens pour débuter:

J’ai aussi une page personnelle indiquant mes contributions et intérêts au sein de ce projet.

Une prochaine fois je vais parler aussi de la mesure et de l’analyse de statistiques de sites web à l’aide de Piwik, un autre logiciel libre.